L'inflation est « la sortie du dernier canal » de la chaîne de financement que ce moniteur suit : une pression qui peut devenir visible dans les prix payés par les ménages. C'est le dernier maillon de cette chaîne, pas le premier.
Pourquoi un rythme, et non un niveau de prix
La plupart des indicateurs de ce moniteur se lisent comme un niveau par rapport à un point fixe d'avant-guerre, car le stock ou le flux sous-jacent peut, en principe, revenir là où il se trouvait avant la guerre. Les prix ne le peuvent pas : ils ne reviennent pas à un repère d'avant-guerre à cette échelle. Ce qui peut revenir à un repère d'avant-guerre, c'est le rythme auquel les prix augmentent — l'inflation est donc notée comme un taux annuel, tiré directement de l'indice mensuel des prix à la consommation de Rosstat, plutôt que comme un niveau.
D'où viennent les ancrages
100 = 4,6% par an, moyenne mesurée 2017-2021, avant la guerre. 0 = 40% par an, le seuil de crise inflationniste dans la littérature sur la croissance (Bruno-Easterly, 1998). Les deux ont été enregistrés à l'avance ; le raisonnement est exposé sur la page de méthodologie.
Pourquoi elle se situe à la fin de la chaîne
Les recettes pétro-gazières et l'emprunt sont les moyens ordinaires de couvrir un déficit qui s'élargit. Quand ils viennent à manquer, le Fonds national de prospérité liquide absorbe l'écart. Quand les banques d'État développent le crédit pour continuer à le couvrir, la pression peut apparaître dans la croissance de M2 en Russie et dans les prix payés par les ménages. Suivre ces quatre éléments ensemble apporte un contexte qu'une lecture isolée de l'inflation ne peut pas fournir.
Ce qu'une lecture plus rapide ne veut pas dire
Un taux d'inflation en hausse ne suffit pas, à lui seul, à identifier quelle politique en est la cause, et le moniteur ne prétend pas isoler une cause à partir d'une seule série. C'est un indicateur de confirmation : à lire aux côtés des sept autres lectures du moniteur, et non comme la preuve qu'une tension ailleurs dans la chaîne a causé un changement précis des prix.